En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

L'Histoire de Saint Stan

L'Histoire de Saint Stan

Par Marylène LEFEUVRE, publié le mardi 28 juin 2016 12:03 - Mis à jour le lundi 11 juillet 2016 16:11

L’AUDACE D’UN PROJET

En 1829, la ville de Nantes possède seulement deux établissements scolaires où les enfants peuvent suivre des études classiques : ‘‘le Lycée Royal’’ (lycée Clémenceau actuel) et le ’’Petit Séminaire’’. Ce dernier accueille les jeunes qui veulent devenir prêtres mais aussi ceux qui ne veulent pas fréquenter l’établissement laïc, ‘‘foyer de libre pensée’’ disait-on. Pour la plupart, fils de familles aisées, ils subviennent aux besoins des premiers qui ne peuvent pas payer leur pension.
Tous ces jeunes, entrant au Petit séminaire, sont ‘‘d’une déplorable ignorance’’, se plaint le Supérieur de cet établissement. Pour pallier cette défaillance, l’Abbé Angebault, vicaire général, convainc son évêque, Monseigneur de Guérines, d’ouvrir ‘’une pension dirigée par des ecclésiastiques pour des enfants de milieu aisé où chacun recevrait  une instruction élémentaire très solide et serait sérieusement préparé aux études classiques’’. Il décide d’acheter un petit hôtel  de style Louis XV, construit sur les côteaux de l’Erdre, au lieu dit le ‘’Clos Versennes’’, presqu’en pleine campagne, à proximité de la Préfecture et du Cours Saint André.
 
LA PENSION ORILLARD : PREMIER ETABLISSEMENT ECCLESIASTIQUE DE NANTES
 
 La direction de cette nouvelle école est confiée à l’Abbé Orillard. La première rentrée scolaire s’effectue en octobre 1829, avec 17 élèves. Cette pension s’affirme comme la maison préférée des familles de l’ouest restées fidèles aux princes exilés après l’arrivée au pouvoir de Louis Philippe : Cornulier, Mauclerc, la Roche Saint André, Kersabiec la Nicolière…
Le directeur, conquis par la personnalité de Stanislas Kostka, jeune jésuite polonais du 16ème siècle, canonisé au début du 18ème, déclaré plus tard patron de la jeunesse chrétienne, voue une grande dévotion à ce jeune saint et place la nouvelle école sous le patronage de Saint Stanislas Kostka, malgré la réticence de nombreux nantais.
L’établissement connaît un développement rapide. On compte 117 élèves en 1835. Faute de place, on ajoute deux ailes au logis existant et ‘’on construit perpendiculairement : à l’ouest, un long bâtiment comportant un rez-de-chaussée à arcades et deux étages, terminé au sud par une tour carrée.’’ (Cette construction existe toujours à gauche après avoir franchi le portail d’entrée du collège.) 
Fatigué, l’Abbé Orillard cède la place à un directeur laïc, Litoust. C’est à cette époque que l’on confie le service matériel  (ménage, cuisine…) aux religieuses de Saint-Gildas-des-Bois. Elles resteront à Saint Stanislas pendant plus de 130 années. Telle est la pension qui accueille Jules Verne. Il est présent à Saint- Stanislas d’octobre 1837 à août 1840. L’établissement n’étant pas autorisé à dispenser l’enseignement au-delà de la classe de 5ème , il entre au Lycée d’Etat (Lycée Clémenceau actuel) où il passe son baccalauréat en 1845.
En 1842, l’Abbé Angebault est nommé Evêque d’Angers. Son départ provoque  une crise de confiance de la part des familles. Le nombre d’élèves diminue. Pour sauver son établissement, Monseigneur Angebault le cède à l’évêque de Nantes.
LA LOI FALLOUX (15 MARS 1850) ASSURE L’ESSOR DE SAINT STANISLAS
Les autorités diocésaines veulent obtenir du gouvernement l’ouverture d’un collège secondaire. Après des négociations difficiles, le ministère de l’Instruction Publique accepte mais sous certaines conditions. Le corps professoral doit compter au moins deux licenciés et les classes supérieures doivent être implantées en dehors de la ville, à deux lieux du Lycée d’Etat pour ne pas le concurrencer. 
Ainsi les classes de la 4ème aux terminales sont installées à l’ancien monastère Notre-Dame des Couëts de Bouguenais près de Trentemoult. Dès lors, l’établissement se partage entre deux maisons, adoptant les mêmes usages, les mêmes méthodes, le même uniforme.
En 1850, la Loi Falloux accorde la liberté de l’enseignement secondaire sans restriction ; ce qui favorise le développement de l’enseignement catholique. Cependant l’évêque ne juge pas utile de modifier le fonctionnement de Saint Stanislas. En 1864,  avec ses 200 élèves, l’établissement  est surchargé. Il faut attendre 1867 pour qu’enfin soit construit le grand bâtiment surmonté d’une statue de la Vierge et que l’établissement devienne de plein exercice (classe de 6ème à Terminale) sous la pression des parents qui refusent d'envoyer leurs enfants aux Couëts. En 1872, le collège présente, pour la première fois, ses 12 premiers élèves au baccalauréat. 6 sont reçus. 
Dès lors, les effectifs ne cessent d’augmenter pour atteindre, à la veille de la première guerre mondiale, 300 élèves.
Le développement de l’école est marqué par de nombreuses constructions jusqu’à la fin du 19ème  siècle, notamment sous la direction du chanoine Guillou : le réfectoire des professeurs achevé en 1877 et surtout l’actuelle chapelle néo-gothique inaugurée en 1893 avec son orgue de 13 jeux « Cavaillé-Coll », classée monument historique. Le porche et la galerie des arcades complètent l’ensemble et donnent à l’établissement la physionomie que nous lui connaissons.
 
LE RAYONNEMENT CULTUREL DE SAINT STANISLAS
 
‘’Pour rompre la monotonie de la vie scolaire’’  le Supérieur Gariou crée des activités artistiques : le théâtre et la musique. Persuadé que les représentations théâtrales ne peuvent que ‘’développer le bon goût littéraire et inspirer à l’âme des idées nouvelles ‘’, son successeur, l’abbé Minier, se lance dans la construction d’un théâtre. De forme octogonale, la salle contient 1141 places. La première représentation  a lieu en décembre 1877. On y joue ‘’la Fille de Roland ‘’. Sous la conduite des abbés Henri (metteur en scène) et Abel Soreau (partie musicale), les élèves préparent les nouveaux programmes : Athalie, le voyage de Monsieur Perrichon, Macbeth,… et surtout la Passion de Notre Sauveur Jésus Christ en 1902, apogée de la réputation et du succès du théâtre Saint Stanislas. Construite en bois, la salle non conforme aux normes de sécurité est fermée en 1958 et finalement démolie en 1963.
AU DEBUT DU 20EME SIECLE, L’EXISTENCE DE SAINT STANISLAS EST MENACEE
A la suite de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905, le collège est mis sous séquestre. En 1913, il est attribué  à la Ville de Nantes qui menace de le vendre pour le prix de 291 000 francs. Grâce à sa tenacité, le chanoine Guillou trouve l’argent nécessaire et la ‘’Société Immobilière Saint Stanislas ‘’, fondée à cette occasion, rachète le collège.
SAINT STANISLAS, DANS LA TOURMENTE DES GUERRES
Les deux guerres perturbent la vie de l’établissement. En 1914,  il est transformé partiellement en hôpital militaire. 141 anciens élèves et professeurs sont tués durant cette guerre. Dès la fin des hostilités, le chanoine Martin, le supérieur, s ‘emploie à cicatriser les plaies. Les parents sont de plus en plus nombreux  à faire confiance à l’éducation donnée à Saint-Stanislas et les effectifs passent de 400 en 1919 à 570 à 1937. Hélas en 1939 de nombreux professeurs sont de nouveau mobilisés. Plusieurs sont faits prisonniers. Les locaux sont d’abord occupés par les réservistes du 65ème Régiment d’Infanterie et l’établissement redevient hôpital militaire français puis allemand. Après les bombardements de septembre 1943, le collège est évacué et les élèves sont dispersés dans la campagne angevine : Jallais, Piédouault et Beaupréau.
Après la guerre, tout rentre dans l’ordre. Sous les supériorats des chanoines Chaignon et Roul, une mutation sans révolution s’opère ;  la vie se libéralise et la discipline est moins sévère. Les rapports sont plus faciles entre professeurs et élèves. Les parents participent davantage à la vie de l’école. Le latin n’est plus obligatoire. L’élève devient le principal acteur de son avenir professionnel et est amené à y réfléchir. Les mouvements d’action catholique se développent : la J.E.C., le scoutisme, les patronages. La pratique du sport est encouragée grâce à l’U.G.S.E.L (Union Générale Sportive Enseignement Libre). De multiples activités loisirs se mettent en place : la SCHA’HAA (société historique, archéologique, humoristique, artistique et appliquée), le GLOBULE, un journal écrit par des élèves pour les élèves. 
 
LE ‘‘CONTRAT d’ASSOCIATION’’ ETAT – SAINT-STANISLAS MODIFIE LA PHYSIONOMIE DU COLLEGE
 
En application de la loi Debré (décembre 1959) qui fixe les rapports de l’Etat avec l’enseignement privé, le chanoine Paul Guiberteau, directeur de l’établissement signe un ‘’contrat d’association’’ le 23 juin 1961 avec effet rétroactif au 1er septembre 1960. L’Etat, reconnaissant à l’enseignement catholique sa mission d’enseignement, rémunère les professeurs qualifiés (licence) devenus agents contractuels, non fonctionnaires et pourvoit au coût de fonctionnement appelé ‘’forfait d’externat’’. L’enseignement est dispensé suivant les règles et les programmes de l’enseignement public. L’Etat a le pouvoir de contrôle administratif, financier et pédagogique.Tout en conservant son caractère propre, l’établissement doit donner cet enseignement dans le respect total de la liberté de conscience. Avec ce contrat, Saint Stanislas dispose de moyens accrus pour scolariser une population de jeunes en forte croissance en raison du baby-boom d’après guerre et de l’allongement de la scolarité à 16 ans par ordonnance de 1959.
Au cours des 40 dernières années, l’école connaît encore de profonds changements. Ses effectifs doublent de 1961 à 1984 et atteignent 1305 élèves. Elle ferme ses classes primaires en 1969. Etablissement de garçons avec internat depuis sa création, il choisit officiellement la mixité 10 ans plus tard. Actuellement, les filles représentent 40% des élèves.
 Ce développement nécessite de nouvelles constructions. En 1972, l’Abbé Alain Chantreau fait édifier un bâtiment de 14 classes (appelé Jules Verne) le long de la rue de la Distillerie puis, en raison des réformes, un bloc de laboratoire de sciences et une salle d’éducation physique. Pour financer l’ensemble de ces travaux, la maison de campagne, située à la Jonelière, appelé ‘’Salle Baudet’’, propriété de Saint Stanislas depuis 1850, est vendue à l’Etat par expropriation, pour raison d’utilité publique.
En 1976, un laïc, Monsieur Dominique Pervenche devient directeur du collège et du Lycée.
Le fort accroissement des effectifs au cours des années 1980, la volonté d ‘améliorer les conditions de travail des élèves et l’ouverture d’un cycle de classes préparatoires aux Grandes Ecoles en mathématiques supérieures et spéciales conduisent, en 1991 (1630 élèves), à l’édification, avec l’aide du Conseil Régional, d’une vaste salle polyvalente, sportive et culturelle et d’un important Centre de Documentation et d’Information (C.D.I.).
L’établissement s ‘adapte régulièrement aux changements qui affectent la société et l’enseignement. En 1962, le jumelage franco-allemand avec le Dillman Gymnasium de Stuttgart ouvre la voie au développement des échanges internationaux avec l’Angleterre, les Etats Unis, la Chine (le chinois est étudié à Saint Stanislas depuis 1996).
Le départ précipité de Dominique Pervenche, en mai 1999, laisse l’établissement sans directeur. Pour le remplacer, on fait appel à Yves Pineau, homme d’expérience. Avec habileté, sagesse, compréhension, mais au prix de sa santé, il finit l’année scolaire et prépare la rentrée suivante. Il laisse un établissement encore affaibli mais en état de marche. Ronan Mana’ch, le nouveau directeur, et les professeurs ont su, pendant 4 ans, retrouvé la confiance des parents. Le nombre des élèves n’a pas cessé d’augmenter.
En septembre 2003, il est remplacé par Hervé Toumoulin, homme de terrain. Il met tout son savoir et son énergie à la cause de « St Stan », à la cause de St Stan retrouvé.
                                               
 
 
        Noël GUILLET
Pièces jointes
Aucune pièce jointe